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L’identification préalable à tout traitement de mammite : pourquoi, comment et pour quels résultats ?

Olivier Salat, Guillaume Lemaire, Florent Perrot

Hors-série - Lutte contre les infections mammaires

La pression de plus en plus forte de l’antibiorésistance dans les médecines humaines et animales a provoqué une limitation et une rationalisation de l’emploi des antibiotiques dont on n’a vu, pour le moment, les conséquences positives qu’en médecine animale.
Après une chute marquée de l’utilisation d’antibiotiques, nous assistons actuellement à une certaine stagnation. Pourtant, il existe encore des marges de progrès notables. Le traitement des mammites cliniques non sévères en est une illustration. Essentiellement dues à des germes tels Streptococcus agalactiae ou Staphylococcus aureus au siècle dernier, leur étiologie a bien évolué et il est avéré maintenant que dans une part conséquente de celles-ci (de 30 à plus de 50 p. cent) une antibiothérapie n’est pas indiquée.
D’un paradigme ancien de traitement antibiotique systématique de toutes les mammites cliniques, nous sommes en train de passer maintenant à la nécessité d’une détermination étiologique préalable. Pour les infections mammaires récentes responsables de mammite clinique non sévères, un diagnostic au chevet de l’animal est nécessaire.
Dans le contexte de nos élevages, les géloses multicompartimentées ne peuvent être adaptées. En revanche, d’autres moyens de diagnostic simples et rapides sont en cours de développement. Ils devraient aboutir dans un avenir proche à la disponibilité pour l’éleveur d’outils simples d’utilisation et fournissant sans délai un résultat.
Dans tous les autres cas, c’est-à-dire ceux pour lequels la précision de l’analyse prime sur sa rapidité, les structures vétérinaires (cabinet ou laboratoire) sont là pour apporter ce service. Cette démarche thérapeutique, c’est-à-dire préciser l’étiologie de l’infection avant son traitement, a montré qu’elle permet une réduction significative de l’emploi d’antibiotique sans altérer les performances de guérison. Elle ne peut encore toutefois s’appliquer lors de mammites sévères où le pronostic vital engagé nécessite un traitement antibiotique immédiat.
Disciplines : Bactériologie, thérapeutique, communication, diagnostic
Mots-clés : bactériologie, lait, mammite clinique, infection, mammaire, antibiothérapie, démarche, thérapeutique, vaches
Selective treatment of clinical mastitis based on bacteriological result
The etiology of mastitis is crucial information to use antimicrobials prudently for control and treatment. This study aimed to evaluate the effects of mastitis diagnosis and treatment strategies with on-farm testing, on cure, new intramammary infections (IMI), somatic cell count (SCC), and antimicrobial use, compared with farmers’ current diagnosis and treatment strategies. The on-farm tests used, CHROMagar Mastitis (CHROMagar, Paris, France) and Minnesota Easy Culture System II Tri-plate (University of Minnesota, St. Paul, MN), both had etiological groups of IMI as result, being gram-positive growth, gram-negative growth, or culture negative.
Two randomized controlled trials were conducted on 15 herds: trial 1 prospectively enrolled 155 cows with clinical mastitis, and trial 2 cross-sectionally included 78 cows with subclinical mastitis. In both trials, cows were randomly distributed over 3 equal-sized groups: a test group using CHROMagar, a test group using Minnesota, and a control group not using on-farm tests. Farmers decided whether or not to treat, and which antimicrobial treatment would be applied, using information available on the day of enrollment (control group), complemented with the on-farm test result 1 d after enrollment (both test groups). For clinical mastitis, an antimicrobial treatment was given in 58% of cases that used CHROMagar, in 80% that used Minnesota, and in 86% of the controls.
For subclinical mastitis, an antimicrobial treatment was given in 50% of cases that used CHROMagar, in 54% that used Minnesota, and in 4% of the controls. Bacteriological cure rate of clinical mastitis was lowest in the CHROMagar group [odds ratio 0.18 (95%CI 0.03-0.99)] compared with the controls. Using the Minnesota on-farm test for subclinical mastitis diagnosis and treatments resulted in fewer new IMI on d 21 [odds ratio 0.06 (95%CI 0.00-0.74)] compared with the controls.
Clinical cure rate, percentage of new IMI, and SCC on d 21 of clinical mastitis were comparable among the groups. Using on-farm tests in farmers’ decision-making process resulted in more treatments in accordance with the etiology of mastitis than without on-farm testing. A diagnosis and treatment strategy with on-farm testing is advised in cows with clinical mastitis to enhance prudent antimicrobial use.
For subclinical mastitis, however, on-farm testing may lead to an unacceptable increase in use of antimicrobials and thus should not be advised as the common approach
Disciplines : Bacteriology, therapeutics, Diagnostic
Keywords : Milk, culture, clinical mastitis, intramammary infection, therapy, therapeutic approach, antibiotic treatment, dairy cows

INTEREST OF SELECTIVE TREATMENT
FARMERS NEEDS
DIAGNOSTIC TOOLS
SELECTIVE TREATMENT RESULTS

Olivier Salat Olivier Salat, DVM, Diplomate de l’European College of Bovine Health and Management (ECBHM).
Membre de la commission “vaches laitières” de la SNGTV. Olivier Salat exerce à la clinique vétérinaire de la haute Auvergne, avec 5 autres associés et 4 salariés vétérinaires.
1988 : Diplômé de l’école nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT)
19893 : Doctorat vétérinaire, Université de Toulouse
1988-1990 : Assistant d’Enseignement Contractuel en pathologie des ruminants (ENVT)
Deouis 1991 : Praticien à la clinique vétérinaire de la haute Auvergne
1998 : CEAV « Qualité en production laitière »
2009 : Diplômé de l’ECBHM
Guillaume Lemaire
Florent Perrot

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